Le paradoxe

Je devrais me taire. Écrire, parler… pour qui ? Je suis celui qui regarde celui qui est en train d’écrire cette phrase.

Je devrais même dire, je suis CE qui regarde celui qui est en train d’écrire cette phrase. Mais par moment, un voile semble se dissoudre et il n’y a plus que « regard ». Et plus rien qui regarde. Puis cela repart.

Comme un jeu… de « je ».

Aucun problème. C’est juste ce qui est.

Plus de 20 ans de tentatives diverses et variées pour trouver quoi ? Déjà la formulation est devenue fausse. La notion de temps s’est effacée. Elle a perdu tout sens. L’histoire se désagrège.

Je cherchais ce « truc » qui allait m’installer sur un piédestal, définitivement à l’abri du souci, dans une béatitude infinie. Un « truc » mérité, à la force du poignet, à coup de méditations, de retour dans le « ici et maintenant »… Un « truc » qui allait se voir, qui a de la gueule…

Et puis rien. Rien à prétendre. Rien à accrocher au mur. Rien de mérité. Juste voir qu’il n’y a rien d’autre que ce qui est là, tout de suite. Rien. Et que cela ne sert à rien de lutter. Bah… on peut lutter, se débattre… Cela fera encore partie de ce qui est. Et que cela ne sert encore moins de lutter contre le fait de lutter…

Pour qui est-ce que je vais écrire cela ? Encore une tentative de cristalliser un état ? Même pas. Cela va. Cela vient.

Alors je ne sais pas.

À propos de Eric Malausséna

Thérapeute manuel à Carpentras - Somatopathie
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2 réponses à Le paradoxe

  1. Christian dit :

    Bonjour Eric,
    Comme j’entends bien ton texte de ce jour… Merci.
    Pour ma part, j’ai ajouté ceci au fil de mon chemin, et je te le partage en toute simplicité :
    – il y a la dimension Essentielle, celle dont tu témoignes ici et qu’il est si difficile d’exprimer, et puis est-ce vraiment utile ?….
    – et il y a la dimension Existentielle, nos vies de tous les jours, avec nos projets, nos mémoires, nos désirs, nos refus….
    Le jeu de la Vie c’est accepter de jouer le jeu existentiel avec toutes ses règles. Le chemin c’est de vivre ce même jeu en demeurant dans le rappel constant de l’essentiel. Mais l’essentiel n’a pas pour vocation de supprimer ou suspendre l’existentiel……… (voilà c’est dit avec des mots maladroits sans doute, mais tu sauras comprendre).
    Alors écrit, écrit et écrit, tout ce qui te raconte, comme l’oiseau chante sur sa branche. Ton chant sera entendu ! Ne serait-ce que par d’autres oiseaux :)
    Christian

  2. Eric Malausséna dit :

    Merci pour ton commentaire Christian. Il est très juste.
    Comme tu l’as senti, tout cela n’est pas encore totalement intégré… J’en suis encore au point où « les montagnes ne sont plus des montagnes »…
    Quant à « la suite »… je l’ignore. Pas certain que l’existentiel (j’avais envie d’écrire existe-en-ciel) reste perçu de la même façon… individuelle.
    Mais tu as raison, la vision devient de plus en plus stupéfaite… Donc il y a de plus en plus de raisons de chanter 😉

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