Je devrais me taire. Écrire, parler… pour qui ? Je suis celui qui regarde celui qui est en train d’écrire cette phrase.

Je devrais même dire, je suis CE qui regarde celui qui est en train d’écrire cette phrase. Mais par moment, un voile semble se dissoudre et il n’y a plus que « regard ». Et plus rien qui regarde. Puis cela repart.

Comme un jeu… de « je ».

Aucun problème. C’est juste ce qui est.

Plus de 20 ans de tentatives diverses et variées pour trouver quoi ? Déjà la formulation est devenue fausse. La notion de temps s’est effacée. Elle a perdu tout sens. L’histoire se désagrège.

Je cherchais ce « truc » qui allait m’installer sur un piédestal, définitivement à l’abri du souci, dans une béatitude infinie. Un « truc » mérité, à la force du poignet, à coup de méditations, de retour dans le « ici et maintenant »… Un « truc » qui allait se voir, qui a de la gueule…

Et puis rien. Rien à prétendre. Rien à accrocher au mur. Rien de mérité. Juste voir qu’il n’y a rien d’autre que ce qui est là, tout de suite. Rien. Et que cela ne sert à rien de lutter. Bah… on peut lutter, se débattre… Cela fera encore partie de ce qui est. Et que cela ne sert encore moins de lutter contre le fait de lutter…

Pour qui est-ce que je vais écrire cela ? Encore une tentative de cristalliser un état ? Même pas. Cela va. Cela vient.

Alors je ne sais pas.