Fils de Qui ?

[article original publié en 2007 et modifié suite à la mise en ligne des musiques et à l’arrêt de la vente de l’album].

Comment vous donner l’envie d’écouter ce Trip-Hopéra en 6 actes de Yann Le Braque & Klifa Rachedi ?

Tout d’abord, je vous rappelle que je cherchais depuis des années des albums de Jean-Pierre Castelain (relire notamment mon Plaidoyer pour le piratage) et tout particulièrement cet album qui reste pour moi son chef d’oeuvre : Le Funambule. La grâce ayant touché ce billet, une des filles de Jean-Pierre finit par le lire et me permit de retrouver la joie d’écouter cet album superlatif en format numérique. Rien que pour ce geste, je lui en serai toujours reconnaissant.

Dans un même élan, Elodie m’invita à découvrir une œuvre musicale à laquelle a participé son père. Cette œuvre de Yann Le Braque & Klifa Rachedi créée, sauf erreur, en 2001 s’intitule Fils de Qui ? et un album est sorti en 2005. Album autoproduit, introuvable donc dans le commerce. Pour ceux qui souhaiteront l’acheter, un tour sur le site dédié à l’album Fils de Qui ? vous permettra de trouver le moyen de l’acheter Manifestement l’album ne semble plus disponible à la vente (j’ai donc l’immense privilège d’en avoir un !).

Sur un thème librement inspiré des Evangiles, ce double-album est construit comme un opéra moderne, avec une Ouverture, 6 Actes, et une mise en scène décrite dans le livret (j’ignore si la pièce a été produite sur scène).

Le texte est grave. La musique est puissante, enracinée, inspirée… désespérée dans son déroulement inéluctable. Nous sommes en Orient… mais simultanément dans cet Orient mythique qui vit la naissance du Fils de… et simultanément dans cet éternel présent qui arrache tout contexte historique à cette aventure universelle : la naissance du Fils de l’Homme…

Les textes (certains en alexandrins) ne sont pas chantés mais déclamés, scandés… sur le rythme de la musique. Une musique qui mélange les inspirations électroniques les plus contemporaine et, oserai-je dire, les plus classiques avec des formes proches du quatuor.

L’auteur a finalement mis en ligne il y a deux mois son album sur YouTube. Vous trouverez ci-dessous les liens vers les playlists des 6 actes :






Ce double album est vendu 19 euros, une somme dérisoire compte tenu de la qualité musicale, mais aussi (ce qui en gâche rien) de la qualité de sa présentation (jaquette, livret…).

Un Must Have… indispensable souffle de création dans cet océan de galettes plastiques que les majors essayent de nous vendre avec de plus en plus de difficultés… quand leur contenu ne vaut pas plus que le prix du plastique en question.

Merci à tous ceux qui ont contribué à cet album… et encore merci, Elodie.

Plaidoyer pour le piratage

A l’heure des grands débats sur la licence globale, débats dans lesquels je ne rentrerai pas ici, force est de reconnaître que le commerce actuel de la musique laisse un vide.

En 1980, Philips et Sony nous ont expliqué (convaincu ?) l’intérêt de l’abandon de nos vieux vinyles pour passer au CD tellement meilleur sur les plans musicaux et pratiques. Pour l’aspect pratique, soit. Quoique transporter plus de 10 CD dans les mains devient vite périlleux, les boîtiers ayant la fâcheuse tendance à glisser les uns sur les autres. De même, au lieu d’avoir un grand livret inséré dans les 33t de l’époque nous sommes nous habitués aux petits livrets insérés dans les CD. Soit.

Musicalement parlant, je sais que les audiophiles peuvent tirer une restitution extraordinaire de ces galettes noires du siècle dernier. Mais le passage au CD a permis une meilleure conservation des qualités de restitution en la rendant plus facile. Pour conserver les mêmes qualités à un vinyle, il fallait le traiter avec des produits antistatiques, et autres masques de beauté destinés à extraire la poussière enfouie au creux des sillons.

D’accord, globalement, le passage au CD était une bonne idée… au moins un format unique faisait pour la première fois l’unanimité dans l’audiovisuel (après les déboires des débuts de la vidéo et ses multiples formats incompatibles).

Mais l’avènement du CD a laissé sur le carreau une quantité gigantesque d’œuvres musicales car il n’a pas été jugé rentable de les porter sur CD. D’accord, tout le monde n’aime pas Parages de Jacques Lejeune (INA/GRM) ou Le Funambule de Jean-Pierre Castelain.

Mais MOI… OUI !

Alors je me surprends à chercher (sans succès :-() sur eMule pour essayer de trouver de telles œuvres en espérant qu’un jour quelqu’un prenne la peine de transposer ces vinyles en format numérique. Et j’enrage en voyant que les grandes plateformes de musique en ligne « légale » se contentent de proposer ce qu’on trouve déjà si facilement sur CD, au lieu de s’ouvrir à ces fonds musicaux extraordinaires dont le faible succès commercial n’a pas permis le transfert sur CD (pas rentable), mais qu’il serait si facile de vendre en ligne à faible coût.

Si au moins les éditeurs renonçaient à leurs droits sur ces œuvres qui ne sont plus distribuées, de sorte que leur transfert au format numérique et la diffusion par internet soit libre…

Alors, suis-je réduit à espérer qu’un ami pirate, détenteur d’albums numérisés de Jacques Lejeune ou Jean-Pierre Castelain… soit charitable ?