De l’urgence d’aller à sa rencontre

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Voici un manuel de survie. Un de ces livres qu’il faut garder à porter de main. On ne sait jamais.

Loin des ouvrages de spiritualité affirmée, celle qui s’annonce avec tambours et trompettes afin que chacun puisse l’identifier pour ce qu’elle n’est pas toujours, ce petit manuel est une vraie bombe pour celui qui a le cœur ouvert. Et même pour celui dont le cœur est prêt à s’ouvrir.

Mais Attention ! Soyez prêts à y laisser des plumes ! Jean Druel, moine dominicain qui vit au Caire, n’y va pas par quatre chemins. Il s’adresse à nous en urgentiste. Il s’adresse à celui pour lequel la recherche intérieure, la recherche de Dieu, de la Grande Vie… peu importe son nom, est devenue aussi vitale que l’est l’air pour celui qui se noie.

Et là, plus question de bénis oui-oui ou de faux airs new-age…

Il plonge, il nous plonge dans la trivialité la plus essentielle. Le contact avec Dieu, avec la Grande Vie, il est ici, maintenant et sans conditions. Les conditions, c’est nous qui les posons… nous barrant ainsi nous même le passage.

Avec méthode et pédagogie, Jean Druel nous propose un itinéraire qui n’en est pas un. Arrachant nos masques, nos vieilles peaux.

Un grand saut dans l’inconnu et dans notre vérité.

Un grand saut vers notre Liberté Intérieure.

 

Urgentissime !

 

Petit manuel de speed dating avec Dieu
de Jean Druel
Editions Cerf

De la légèreté du « Je ne sais pas »

Tant de questions posées
Tant de livres lus
Tant d’entretiens obtenus
Avec ceux dont j’étais persuadé qu’ils savaient

Tant de prétention
Tant de vague à l’âme
Tant d’exercices
Et tant de moments où je croyais avoir compris

Tant de fuites
Tant de temps passé
Tant de voyages
Pour chercher ce que j’espérais trouver

Et puis plus rien
Plus de questions
Plus rien à comprendre
Plus rien à trouver

Plus que « Je ne sais pas »

Comme une caresse

Comme un nuage

D’une douce légèreté

Il flotte

A force de chercher le moyen d’éviter
De tracer sa route,
Il a fini par se perdre.

Alors il flotte.
Il flotte entre l’ennui et la révolte,
Sachant que son absence de révolte…
Engendre son ennui.

Ce destin n’est pas le sien,
Mais il en a fait sa croix,
Et il se traîne à genoux.

Et il flotte,
Sur ses joues, il flotte,
Sur ses genoux la boue,
Sur sa couronne d’épines,
Il flotte.

Et cette croix qu’il tient,
Lui est si familière,
Qu’il en a oublié le poids.

Et il flotte dans sa tête,
Alors qu’il coule dans son cœur,
Comme un lointain souvenir,
De liberté.

Il a posé sa croix,
En a taillé une échelle,
D’en haut s’en est jeté…

Et maintenant il flotte,

Au milieu du ciel

Il a ouvert ses ailes

Et il flotte

Heureux.

Ode à la joie

Quand tout t’abandonne
Quand il ne reste plus que l’espoir
Et que même à cet espoir tu n’as plus envie de t’accrocher

Quand tout t’abandonne
Quand seule la solitude EST
Quand tu voudrais encore faire semblant

Quand tout t’abandonne
Quand plus rien n’est à toi
Quand toutes tes constructions sont par terre

Quand tout t’abandonne
Quand la quête de sens, même… n’en a plus

Quand tout t’abandonne
Quand c’est le désert qui te traverse
Quand rien et tout sont devenus synonymes

Quand tout t’abandonne
Quand le silence s’installe
Quand tu as peur du vide dans lequel tu dois (tu vas ?) sauter

Laisse tomber la dépouille
Jusqu’à ce que seule reste la joie.

Qui fuis-je ?

Croire…

Croire que l’on tient enfin quelque chose
Le serrer dans ses bras
Persuadé qu’il sera toujours là
Et se le voir arraché en un instant

Oublier…

Oublier que nous n’avons aucun pouvoir
Sur rien
Oublier la mort et la souffrance
Et mourir sans avoir pu dire au revoir ni merci

Rêver…

A un monde meilleur
Baigné d’amour et de lumière
Dans lequel nous ne ferions qu’un
Et ignorer notre voisin

Il n’y a pas d’issue…

Mais qui fuis-je ?

L’alchimiste

Je n’étais rien, ou bien quelque chose qui s’en rapproche.
J’étais vain et c’est bien c’que contenait mes poches.
J’avais la haine, un mélange de peur, d’ignorance et de gêne.
Je pleuvais de peine, de l’inconsistance de ne pas être moi-même.
J’étais mort et tu m’as ramené à la vie :
Je disais « j’ai, ou je n’ai pas » ; tu m’a appris à dire « je suis ».
Tu m’as dit : « le noir, l’arabe, le blanc ou le juif sont à l’homme ce que les fleurs sont à l’eau »…

Oh, toi que j’aime…
Et toi, que j’aime.
J’ai traversé tant d’avenues,
Tellement attendu ta venue,
Qu’à ta vue,
Je ne savais plus,
Si c’était toi, si c’était moi
Si c’était moi, si c’était toi.
Eh, toi que j’aime je crée ton nom
Dans le désert des villes que j’traversais car
Sûr de ton existence, je savais que tu m’entendrais
Et, toi, que j’aime,
Oh, toi… que j’aime

Je n’étais rien, ou bien quelquechose qui s’en rapproche.
J’étais vain et c’est bien c’que contenait mes poches.
J’avais la haine, un mélange de peur, d’ignorance et de gêne.
Je pleuvais de peine, de l’inconsistance de ne pas être moi-même.
J’étais mort et tu m’as ramené à la vie :
Je disais « j’ai, ou je n’ai pas » ; tu m’a appris à dire « je suis ».
Tu m’as dit : « le noir, l’arabe, le blanc ou le juif sont à l’homme ce que les fleurs sont à l’eau »…

Oh, toi que j’aime,
Et toi, que j’aime.
Ni la rue, ni les drames, ne m’ont voilé à ta vue
Même au plus bas, même quand j’disais que tout était foutu !
Je t’aimais comme si je te voyais,
Car si je ne te voyais pas,
je savais que j’étais vu par toi.
Et, toi que j’aime.
Tu es un lion et ton cœur est un soleil,
L’ultime secours de ceux perdus dans leur sommeil.
Et, toi, que j’aime,
Oh, toi… que j’aime.

Je n’étais rien, ou bien quelque chose qui s’en rapproche,
J’étais vain et c’est bien c’que contenait mes poches.
J’avais la haine, un mélange de peur, d’ignorance et de gêne.
Je pleuvais de peine, de l’inconsistance de ne pas être moi-même.
Tu es, tu es l’alchimiste de mon cœur…
Et, toi, que j’aime,
Oh, toi… que j’aime,
Eh…. oh, toi que j’aime…

Abd Al Malik


(Album Gibraltar, juin 2006)

Le rap, le slam, le jazz… et l’amour, accompagné par le pianiste de Jacques Brel, Gérard Jouannest.

Voilà le cocktail que ce français né à Paris, d’origine congolaise, converti au soufisme (le cœur de l’islam), nous sussure et nous assène.
Après un début de vie de délinquant et proche de l’intégrisme religieux, sa rencontre avec son Guide spirituel soufi marocain, Sidi Hamza Al Qadiri Boutchichi, le transforme à un point où ses textes deviennent des armes de destruction massive… des barricades de nos cœurs.

Laissez-vous imprégner, enivrer, dévorer par ses chants d’amour. Allez sur son site. La page d’accueil permet d’écouter quatre chansons de son dernier album, Gibraltar.

Eloge de la simplicité

Nous parlons trop. Avez-vous remarqué comment se déroulent les conversations ? Après les techniques d’approche habituelles visant à établir le contact, arrive parfois un « blanc ».

Je ne suis pas Raymond Devos, aussi suis-je tout à fait incapable de tirer toutes les ficelles humoristiques issues des différentes acceptions du mot « blanc ». Néanmoins, ce « blanc », ce silence… qu’en faisons-nous ?

Parfois, peut-être le plus souvent, tout est fait pour éviter ce moment de silence où chacun est gêné à l’idée qu’il n’a rien d’intéressant à dire. « Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi » dit le proverbe zen. Combien de fois nous sentons-nous obligés de meubler ce silence ? Par des paroles vides… ce qui est un comble !

Alors que le silence, c’est l’antichambre de l’intimité. C’est l’ouverture à la présence de l’autre. A sa propre présence aussi. Sans attente. Et oui, cela demande beaucoup de confiance pour ainsi oser lâcher prise.

Et parfois, plutôt que d’affronter ce silence… nous préférons affronter l’autre ! Ce sont alors d’interminables discussions dans lesquelles personne n’écoute l’autre. Chacun ne pouvant entendre que son propre point de vue et cherchant en l’autre rien de moins qu’une approbation. Gare alors à celui qui n’est pas du même avis ! C’est lui qui n’est pas ouvert, qui se trompe forcément… puisqu’il n’est pas du même avis que moi ! Le pire, c’est que nos avis ne sont le plus souvent que des opinions nullement étayées par quelque expérience personnelle que ce soit. Ce sont de simples informations que nous avons engrangé sans aucune prise de recul, sans vérification… et ce sont ces maigres informations qui nous servent à tenir tête à un autre pas plus informé que nous d’ailleurs…

Mais alors, de quoi allons-nous parler si nous ne parlons pas de ce que nous ne connaissons pas ?

Relisez dix fois cette question et dîtes-moi honnêtement si elle appelle une réponse autre que la consternation.

Alors parlez-moi de vous.
De vos désirs.
De vos peurs.
De votre expérience.
De vos douleurs.
De vos plaisirs.
De vos enfants.
De vos maris.
De vos femmes.
De vos maîtresses.
De vos amants.
De vos voitures.
De vos maison.

Mais plutôt que vos avis sur tout.
Taisez-vous.
Passons plutôt un moment…
en silence.