Eloge de la simplicité

Nous parlons trop. Avez-vous remarqué comment se déroulent les conversations ? Après les techniques d’approche habituelles visant à établir le contact, arrive parfois un « blanc ».

Je ne suis pas Raymond Devos, aussi suis-je tout à fait incapable de tirer toutes les ficelles humoristiques issues des différentes acceptions du mot « blanc ». Néanmoins, ce « blanc », ce silence… qu’en faisons-nous ?

Parfois, peut-être le plus souvent, tout est fait pour éviter ce moment de silence où chacun est gêné à l’idée qu’il n’a rien d’intéressant à dire. « Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi » dit le proverbe zen. Combien de fois nous sentons-nous obligés de meubler ce silence ? Par des paroles vides… ce qui est un comble !

Alors que le silence, c’est l’antichambre de l’intimité. C’est l’ouverture à la présence de l’autre. A sa propre présence aussi. Sans attente. Et oui, cela demande beaucoup de confiance pour ainsi oser lâcher prise.

Et parfois, plutôt que d’affronter ce silence… nous préférons affronter l’autre ! Ce sont alors d’interminables discussions dans lesquelles personne n’écoute l’autre. Chacun ne pouvant entendre que son propre point de vue et cherchant en l’autre rien de moins qu’une approbation. Gare alors à celui qui n’est pas du même avis ! C’est lui qui n’est pas ouvert, qui se trompe forcément… puisqu’il n’est pas du même avis que moi ! Le pire, c’est que nos avis ne sont le plus souvent que des opinions nullement étayées par quelque expérience personnelle que ce soit. Ce sont de simples informations que nous avons engrangé sans aucune prise de recul, sans vérification… et ce sont ces maigres informations qui nous servent à tenir tête à un autre pas plus informé que nous d’ailleurs…

Mais alors, de quoi allons-nous parler si nous ne parlons pas de ce que nous ne connaissons pas ?

Relisez dix fois cette question et dîtes-moi honnêtement si elle appelle une réponse autre que la consternation.

Alors parlez-moi de vous.
De vos désirs.
De vos peurs.
De votre expérience.
De vos douleurs.
De vos plaisirs.
De vos enfants.
De vos maris.
De vos femmes.
De vos maîtresses.
De vos amants.
De vos voitures.
De vos maison.

Mais plutôt que vos avis sur tout.
Taisez-vous.
Passons plutôt un moment…
en silence.

2 réflexions au sujet de « Eloge de la simplicité »

  1. Cher Eric,
    comme cela fait longtemps que l’on ne s’est vu, j’ai vraiment hâte de ne pas en parler avec toi… !
    Grosses bises
    Delphine!

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