La limite

Enfant déjà j’avais une perception de l’illimité. Une reliance à plus vaste, et on me disait souvent « dans la lune ». Il est vrai que je n’étais alors pas très ancré, très relié à la Terre. Il m’était devenu tellement familier que de me relier à ces perceptions plus aériennes, spatiales, cosmiques…

Je faisais alors des expériences de « sortie du corps » qui, aussi étonnantes puissent-elles paraître, me semblaient tout à fait naturelles et évidentes alors… Et je n’en parlais à personne, imaginant que c’était l’expérience intime de chacun. Plus tard, beaucoup plus tard, je réalisais le caractère un peu extraordinaire de ces expériences, et très vite le caractère limité. On peut fuir dans la dimension cosmique. Et cette fuite était alors l’expression de la souffrance dans la limite imposée par l’incarnation.

Il fût long le chemin de l’acceptation de cette limite. Longtemps j’ai cherché en toutes choses l’illimité. Dans ma capacité à comprendre (je voulais TOUT comprendre), dans mes perceptions sensorielles, et dans mes relations amoureuses. No limit !

Évidemment, j’allais de désillusion en désillusion. Toute tentative d’approcher cet illimité dans le monde manifesté se heurtait à la dure réalité de la Manifestation !

Le jour où c’est tombé, c’est tombé dans un fracas épouvantable, emporté par un flot de déconstruction… Un moment d’une intensité dramatique où le personnage que j’ai toujours pensé être a volé en éclat… Comme l’image dans le miroir lorsqu’un caillou vient le frapper. Pour une part, j’avais le sentiment qu’il se passait quelque chose d’heureux… Mais mon côté consciencieux pensait qu’il fallait essayer de recoller le miroir…

Jusqu’à ce que me saute aux yeux l’évidence : il n’y a rien à recoller. Juste s’installer dans l’expérience de l’Être privée de ce vieux miroir. Oh, ce n’est pas fini. Je vois bien des tentatives de création d’un nouveau miroir… Mais un miroir beaucoup plus transparent…

Toujours est-il qu’une intensité à pris place. L’instant présent a pris un goût indicible que les pensées à propos d’un hypothétique futur ou passé ne peuvent plus voler. Une reliance à la Vie d’un tout autre ordre.

Et cette reliance suscite, sans aucun préméditation de ma part, des demandes. Et comme une évidence, la demande de l’autre crée un lien de cœur à cœur qui appelle la réponse. Une réponse que je découvre en même temps que celui qui a posé la question. Le côté rassurant est que je n’ai aucun sentiment d’aider qui que ce soit. Aucun sentiment de savoir quoi que ce soit. Le sentiment d’être un hygiaphone… On parle dedans, et on écoute la réponse. Je préfère cette image plutôt que de dire un « canal »… Avec tout le côté prétentieux associé.

C’est tellement nouveau et imprévu que dans un premier temps j’ai laissé l’accès libre à cet hygiaphone. C’était tellement légitime. Cela ne m’appartient pas. Comme l’eau n’appartient pas au robinet. En même temps, je me rends compte que si ce qui passe ua travers de l’hygiaphone est illimité… l’hygiaphone lui-même… est un objet matériel… qui a des limites… de temps, d’énergie, etc…

Et ne pas en tenir compte serait retomber dans l’illusion d’une possibilité de vivre l’illimité dans la Manifestation. Donc s’impose à moi de donner des limites à son utilisation. Je ne sais pas encore comment.

Je ne sais pas quelle forme cela prendra. Mais c’est une belle expérience.

Un partage…

Le livre « De l’Abandon » de Eric Baret est une grande source d’inspiration pour moi. Je ne résiste pas au plaisir de vous en faire partager un extrait :

Comprendre qu’il n’y a rien à comprendre, rien à acquérir. Je n’ai pas besoin d’inventer des outils pour faire face à la vie, de créer des moyens de défense ou d’appropriation pour faire face aux situations.

Regarder honnêtement ce qui est là, ce qui éveille en moi la peur, l’anxiété, la prétention, la défense. Clairement, accepter mes prétentions, mes limites. Ces limites vont refléter la non-limite.

Il faut vivre la médiocrité : elle révèle l’ultime en nous.

Quand je refuse la médiocrité, quand j’imagine, que je projette un supérieur ou un inférieur, des choses spirituelles qui devraient me libérer de la vie quotidienne, là, je suis dans un imaginaire. C’est une forme de psychose. La médiocrité est l’essentiel – la médiocrité selon mes concepts.

Fonctionner journellement : manger, dormir, aimer, voir, sentir, regarder. laisser toutes les émotions vivre en nous. Rien à défendre, à affirmer, à savoir. Je n’ai besoin de rien pour pressentir ce qui est primordial. Inutile de changer quoi que ce soit en moi.

Certaines découvertes sont à faire et à oublier dans l’instant. Pour la personne, c’est la terreur, car l’ego a besoin de s’approprier des qualifications : être spirituel, méditer, se libérer.

Il faut sortir de notre rencontre comme un chien qui a vu un os et à qui on le retire juste avant qu’il ne referme la gueule. C’est ce sentiment là, juste avant la frustration, qu’il faut garder. La sensation de la bouche vide est une non-conclusion, un espace qui résonne de notre liberté.

No comment…

Juste être

Pourquoi reprendre le chemin de ce blog laissé en suspens depuis des années… ?

Je l’ignore. Une sorte de nécessité de l’instant. Une tentative de partage. Mais qu’ai-je à partager aujourd’hui… sinon la tranquillité ? Ce silence qui se découvre en arrière-plan du bruit.

« Je ne sais pas »… Ces mots ont si longtemps sonné comme un couperet. Un aveu d’ignorance. L’échec de ma prétention à tout savoir… Et aujourd’hui, ils sonnent comme une génuflexion devant plus grand que soi, comme la reconnaissance d’un savoir invisible qui peut dès lors se mettre à couler… Quand la tête laisse la place au cœur.

S’arrêter. Juste sentir. La Vie Est.

Tout est cadeau.

Ne plus être quelque chose… ou quelqu’un…

Juste Être… Comme une évidence.

Oscar et la dame rose

Beaucoup connaissent déjà ce très beau livre d’Eric-Emmanuel Schmitt (auteur notamment de Odette Toulemonde, transposé ensuite au cinéma).

Ce sont les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans, lettres retrouvées par Mamie Rose qui vient lui rendre visite à l’hôpital pour enfants.

Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer le début du livre :

Cher Dieu,

Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause de mes études, j’avais pas le temps.

Je te préviens tout de suite : j’ai horreur d’écrire. Faut vraiment que je sois obligé. Parce qu’écrire c’est guirlande, pompon, risette, ruban, et cetera. Écrire, c’est rien qu’un mensonge qui enjolive. Un truc d’adultes.

La preuve ? Tiens, prends le début de ma lettre : « Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause de mes études, j’avais pas le temps », j’aurais pu aussi bien mettre : « On m’appelle Crâne d’Œuf, j’ai l’air d’avoir sept ans, je vis à l’hôpital à cause de mon cancer et je ne t’ai jamais adressé la parole parce que je crois même pas que tu existes. »

Seulement si j’écris ça, ça la fout mal, tu vas moins t’intéresser à moi. Or j’ai besoin que tu t’intéresses.

A lire absolument.

De la légèreté du « Je ne sais pas »

Tant de questions posées
Tant de livres lus
Tant d’entretiens obtenus
Avec ceux dont j’étais persuadé qu’ils savaient

Tant de prétention
Tant de vague à l’âme
Tant d’exercices
Et tant de moments où je croyais avoir compris

Tant de fuites
Tant de temps passé
Tant de voyages
Pour chercher ce que j’espérais trouver

Et puis plus rien
Plus de questions
Plus rien à comprendre
Plus rien à trouver

Plus que « Je ne sais pas »

Comme une caresse

Comme un nuage

D’une douce légèreté

Il flotte

A force de chercher le moyen d’éviter
De tracer sa route,
Il a fini par se perdre.

Alors il flotte.
Il flotte entre l’ennui et la révolte,
Sachant que son absence de révolte…
Engendre son ennui.

Ce destin n’est pas le sien,
Mais il en a fait sa croix,
Et il se traîne à genoux.

Et il flotte,
Sur ses joues, il flotte,
Sur ses genoux la boue,
Sur sa couronne d’épines,
Il flotte.

Et cette croix qu’il tient,
Lui est si familière,
Qu’il en a oublié le poids.

Et il flotte dans sa tête,
Alors qu’il coule dans son cœur,
Comme un lointain souvenir,
De liberté.

Il a posé sa croix,
En a taillé une échelle,
D’en haut s’en est jeté…

Et maintenant il flotte,

Au milieu du ciel

Il a ouvert ses ailes

Et il flotte

Heureux.

Comment Vista m’a conduit à Ubuntu

J’ai découvert la micro à la fin des années 70. C’était l’ère des Apple II, Pet Commodore et autres TRS 80. Tandy TRS 80

Rien qu’en disant cela, je me retrouve situé dans la catégorie des dinosaures ! Il s’agissait alors de machines dont la fréquence du processeur était de 1 à 2 MHz, dotés de 4 à 48 Ko (pour les monstres!) de RAM, et dont le stockage (programmes et données) se faisait sur K7 audio ou lecteurs de disquettes 5″1/4 (110 Ko).

À l’époque où est apparu sur le marché l’IBM PC (un processeur 8086 à 4,77 MHz, 64 Ko de RAM, 1 ou 2 lecteurs de disquettes à 160 Ko), je vendais alors du matériel Hewlett-Packard (dont le fameux HP85, et le non moins fameux Goupil 2 de la société française S.M.T.). Je garde un souvenir ému du double lecteur de disquettes souples 8″, dont le poids mettait en évidence que tout le boîtier était en acier, et dont nous réglions régulièrement la vitesse de rotation à l’aide d’un stroboscope. Bon, là, je n’arrange pas mon image de dinosaure…

Est-il utile de rappeler qu’à l’époque, la compatibilité entre micro-ordinateurs relevait de l’expertise. Pour échangLe HP 85er des données entre un Goupil et un HP85, on fabriquait un câble série RS-232C (amoureusement assemblé au fer à souder et contrôlé avec un testeur de câble) après avoir bien étudié le câblage des interfaces des deux micro-ordinateurs en question… il fallait ensuite écrire un programme sur chacune des machines (chacune dans leurs langages) afin de réaliser cette prouesse inouïe consistant à transférer un fichier… et je ne parle pas de l’encodage des caractères…
(lire la suite…)

Trouvez une alternative open-source à vos logiciels

Open SourceLoin de moi l’idée de jeter l’opprobre sur les logiciels commerciaux. Dans un certain nombre de cas, ils sont incontournables. Néanmoins, en tant que particulier, l’achat d’un PC est déjà un investissement important. Si on ajoute le budget nécessaire à l’achat de tous les logiciels « recommandés »… on atteint vite des sommes rondelettes.

Or, il existe aujourd’hui des logiciels permettant à chacun de trouver de quoi satisfaire ses besoins (parfois exigeants) et néanmoins gratuits. Pour faire simple (simpliste ?), le monde l’open source met en place une offre logicielle publique, libre de droits, répondant à la licence GNU-GPL et donc librement téléchargeables et utilisables pour le particulier.

Pour ceux qui ne connaissent pas déjà, je veux inviter à la visite de deux sites :

  • celui, français, de Framasoft, dans lequel la rubrique Logiciels libres regorge de trésors dont beaucoup de logiciels francisés. Bien sûr vous y trouverez OpenOffice (qui vous permettra de vous passer de la célèbre et si chère suite Microsoft), Paint.Net pour ceux veulent retoucher des photos et qui sont rebutés par Gimp, HTTrack pour ceux qui veulent recopier un site Web en local, etc… Tout y est rangé par catégorie de logiciels, bien présenté, avec les liens vers les sites des éditeurs
  • celui, en anglais, de Open Source As Alternative, qui rassemble par catégorie, les meilleurs logiciels commerciaux… et leurs meilleurs équivalents open-source.

Je suis certain que ces deux sites sauront combler vos attentes. Dans bien des cas, vous serez surpris par la qualité du logiciel. Et si on la ramène à son coût, cela devient imbattable.

Il reste pourtant un domaine dans lequel je n’ai personnellement pas trouvé mon bonheur en open-source. C’est celui des antivirus. Là, je me permets de recommander sans réserve le logiciel gratuit (mais pas open-source) AVAST. La version personnelle est téléchargeable gratuitement sur le site de l’éditeur. On la trouve dans bien des langues dont le français. La seule chose à faire est de s’enregistrer sur le site pour obtenir une licence d’utilisation pour un an. Il faudra renouveller (toujours gratuitement) cette licence au bout d’un an. Le gros intérêt est que ce logiciel est édité par une société tchèque (ALWIL Software) qui distribue des logiciels de sécurité professionnels. Par conséquent la version gratuite dispose d’un niveau de mises à jour très élevé (généralement quotidien), ce qui est un gage de qualité. Son niveau de protection est excellent et il ne consomme pas trop de ressources système.

Ode à la joie

Quand tout t’abandonne
Quand il ne reste plus que l’espoir
Et que même à cet espoir tu n’as plus envie de t’accrocher

Quand tout t’abandonne
Quand seule la solitude EST
Quand tu voudrais encore faire semblant

Quand tout t’abandonne
Quand plus rien n’est à toi
Quand toutes tes constructions sont par terre

Quand tout t’abandonne
Quand la quête de sens, même… n’en a plus

Quand tout t’abandonne
Quand c’est le désert qui te traverse
Quand rien et tout sont devenus synonymes

Quand tout t’abandonne
Quand le silence s’installe
Quand tu as peur du vide dans lequel tu dois (tu vas ?) sauter

Laisse tomber la dépouille
Jusqu’à ce que seule reste la joie.

Qui fuis-je ?

Croire…

Croire que l’on tient enfin quelque chose
Le serrer dans ses bras
Persuadé qu’il sera toujours là
Et se le voir arraché en un instant

Oublier…

Oublier que nous n’avons aucun pouvoir
Sur rien
Oublier la mort et la souffrance
Et mourir sans avoir pu dire au revoir ni merci

Rêver…

A un monde meilleur
Baigné d’amour et de lumière
Dans lequel nous ne ferions qu’un
Et ignorer notre voisin

Il n’y a pas d’issue…

Mais qui fuis-je ?