L’alchimiste

Je n’étais rien, ou bien quelque chose qui s’en rapproche.
J’étais vain et c’est bien c’que contenait mes poches.
J’avais la haine, un mélange de peur, d’ignorance et de gêne.
Je pleuvais de peine, de l’inconsistance de ne pas être moi-même.
J’étais mort et tu m’as ramené à la vie :
Je disais « j’ai, ou je n’ai pas » ; tu m’a appris à dire « je suis ».
Tu m’as dit : « le noir, l’arabe, le blanc ou le juif sont à l’homme ce que les fleurs sont à l’eau »…

Oh, toi que j’aime…
Et toi, que j’aime.
J’ai traversé tant d’avenues,
Tellement attendu ta venue,
Qu’à ta vue,
Je ne savais plus,
Si c’était toi, si c’était moi
Si c’était moi, si c’était toi.
Eh, toi que j’aime je crée ton nom
Dans le désert des villes que j’traversais car
Sûr de ton existence, je savais que tu m’entendrais
Et, toi, que j’aime,
Oh, toi… que j’aime

Je n’étais rien, ou bien quelquechose qui s’en rapproche.
J’étais vain et c’est bien c’que contenait mes poches.
J’avais la haine, un mélange de peur, d’ignorance et de gêne.
Je pleuvais de peine, de l’inconsistance de ne pas être moi-même.
J’étais mort et tu m’as ramené à la vie :
Je disais « j’ai, ou je n’ai pas » ; tu m’a appris à dire « je suis ».
Tu m’as dit : « le noir, l’arabe, le blanc ou le juif sont à l’homme ce que les fleurs sont à l’eau »…

Oh, toi que j’aime,
Et toi, que j’aime.
Ni la rue, ni les drames, ne m’ont voilé à ta vue
Même au plus bas, même quand j’disais que tout était foutu !
Je t’aimais comme si je te voyais,
Car si je ne te voyais pas,
je savais que j’étais vu par toi.
Et, toi que j’aime.
Tu es un lion et ton cœur est un soleil,
L’ultime secours de ceux perdus dans leur sommeil.
Et, toi, que j’aime,
Oh, toi… que j’aime.

Je n’étais rien, ou bien quelque chose qui s’en rapproche,
J’étais vain et c’est bien c’que contenait mes poches.
J’avais la haine, un mélange de peur, d’ignorance et de gêne.
Je pleuvais de peine, de l’inconsistance de ne pas être moi-même.
Tu es, tu es l’alchimiste de mon cœur…
Et, toi, que j’aime,
Oh, toi… que j’aime,
Eh…. oh, toi que j’aime…

Abd Al Malik


(Album Gibraltar, juin 2006)

Le rap, le slam, le jazz… et l’amour, accompagné par le pianiste de Jacques Brel, Gérard Jouannest.

Voilà le cocktail que ce français né à Paris, d’origine congolaise, converti au soufisme (le cœur de l’islam), nous sussure et nous assène.
Après un début de vie de délinquant et proche de l’intégrisme religieux, sa rencontre avec son Guide spirituel soufi marocain, Sidi Hamza Al Qadiri Boutchichi, le transforme à un point où ses textes deviennent des armes de destruction massive… des barricades de nos cœurs.

Laissez-vous imprégner, enivrer, dévorer par ses chants d’amour. Allez sur son site. La page d’accueil permet d’écouter quatre chansons de son dernier album, Gibraltar.

La grande galerie

Le Ventoux

Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis. C’est en général la seule explication qui nous reste lorsque, après avoir soutenu une position contre vents et marées… nous nous retrouvons dans l’obligation d’en soutenir une autre.

En fait, en termes de galerie photo, je cherchais une présentation sobre, simple et performante. Après de pourtant nombreuses recherches, j’avais retenu Coppermine Gallery, ce que j’expliquais précédemment. Coppermine m’avait séduit par ses nombreuses possibilités. Mais, à l’usage, je regrettais sa présentation un peu fouillis malgré les nombreuses tentatives pour lui trouver un habillage (skin) de qualité. Alors, je continuais à chercher tout en ayant mis en place Coppermine malgré tout.

Et puis je suis tombé sur cet article de Lucas Janin : « A la recherche d’un blogphoto« . Son article aborde la même recherche, Coppermine, Gallery… et se termine par le choix de Exhibit Engine. Tiens ? Jamais entendu parler. Je me rue alors sur la galerie mise en place par ce monsieur et y trouve exactement l’ergonomie que je recherche. Il ne me reste plus à foncer sur le site de l’éditeur de ce logiciel gratuit, l’installer sur mon site et… le prendre en main.

Avis à ceux qui ne maîtrisent ni l’anglais, ni les outils PHP/MySQL, ni les termes relevant de la gestion de photos en ligne : passez votre chemin. L’éditeur a tout simplement oublié de faire la documentation de son produit. Alors il faut passer en revue tous les menus (et ils sont nombreux) pour comprendre le paramétrage et les principes de fonctionnement de cet outil. Mais cela vaut vraiment le coup. Si un lecteur souhaite de l’aide, qu’il n’hésite pas à m’écrire.

Les photos sont regroupées en galeries, elles-même regroupées en groupes de galeries. Dans chaque galerie, les photos sont visualisables en plusieurs formats (voir la liste déroulante en dessous et à gauche de chaque photo) de façon à s’adapter à la taille de l’écran du visiteur. Un clic sur la photo et on passe à la suivante. Le site peut être multilingue (mais je ne l’ai pas implémenté) et gère les balises META pour chaque photo, permettant ainsi une bonne indexation dans les moteurs de recherche (précision donnée pour les initiés !).

Un mot de passe en haut à droite permet de donner l’accès à des galeries privées (pour la famille, par exemple). En entrant le mot de passe (et en faisant Entrée) seules les galeries privées apparaissent. En effaçant le mot de passe (et en faisant Entrée) on revient à la galerie publique.

La Grande Galerie est donc désormais animée par Exhibit Engine… (jusqu’à son prochain changement ? Tttt… quelle mauvaise langue ! ) et sous une nouvelle URL : http://galerie.malaussena.org.

Que la force soit avec toi

Ce soir, je pense à toi, Emmanuelle. Toi qui traverses cette terrible épreuve en plein envol.

Voilà. Pendant 40 ans nous vivons sans savoir pourquoi, sur une trajectoire qui semble dessinée d’avance. Peut-être l’enfance a-t-elle connu quelques difficultés ? Mais maintenant, nous croyons y être « arrivé ». Ça y est. On a eu raison de s’accrocher. Nous sommes heu-reux.

Et pourquoi ? Parce que nous croyons y être pour quelque chose. Nous sommes persuadés que c’est la juste récompense de nos efforts, de notre travail, etc… Et nous finissons par croire que c’est dé-fi-ni-tif. Et là, nous sommes déjà en train de nous « planter » en beauté ! Perdus dans cette recherche incessante de ce que nous aimons et cette fuite, tout aussi incessante, de ce que nous n’aimons pas… nous devenons prisionners de ce que nous aimons, tels des moucherons la nuit autour du réverbère. Que reste-t-il, le matin, quand les lumières s’éteignent ?

Que tenons-nous entre les mains ? Du sable qui nous file entre les doigts. Nous imaginons que le temps passe parce que nous nous imaginons assis sur la berge de la rivière à regarder l’eau couler… mais l’eau, c’est nous ! Le sable, c’est nous. Nous sommes le sablier. Et depuis la naissance, nous mourons.

Telle l’eau de la rivière, nous traversons des zones de rapides, de remous, et des zones plus calmes. Lorsque c’est calme, nous pensons : c’est bon ! J’y suis arrivé ! Sans voir que, 200 mètres plus loin, nous attendent de nouvelles cascades dans lesquelles nous serons secoués, éprouvés… jusqu’à la prochaine accalmie.

Si la goutte d’eau s’attache aux zones calmes et redoute les zones troublées, elle est condamnée à souffrir. Souffrir aussi bien dans les zones troublées, bien sûr, mais aussi dans les zones calmes si elle se met à craindre la fin de l’accalmie.

La goutte d’eau heureuse, sera la goutte d’eau « folle ». Folle parce qu’elle aimera aussi bien les zones calmes et les zones troubles. Folle parce qu’elle ne se débattra pas lorsque les rapides arriveront ; elle y plongera aussi bien qu’elle se laisse porter dans les zones calmes.

Je sais combien ces propos sont inécoutables pour celui « qui va bien ». Quand tout va bien, pourquoi se prendre la tête ? Je sais. Mais nous croyons maîtriser les conditions de notre bonheur, alors que nous avons rendu ce même bonheur totalement dépendant des conditions extérieures. Par conséquent, selon chacun, je suis heureux si j’ai de l’argent, une jolie femme (ou un bel homme), la santé, des enfants, une promotion, un lecteur MP3 (!), etc… de ce fait, je me condamne immédiatement à la souffrance lorsqu’une de ces conditions n’est pas remplie.

Emmanuelle, ose cette « folie » de ne pas te retourner. Ne pas t’accrocher à ce qui n’est plus. La Vie, c’est ce qui EST à chaque seconde. C’est tout.

Comme dit Maître Yoda : « Fais le vide en toi et sois présente à ce que tu fais, chaque seconde » .

Que la Force soit avec toi.

Une galerie photo

Après bien des hésitations sur la forme, j’ai fini par mettre en ligne une galerie photo à l’aide du script PHP/MySQL Coppermine.

Cette galerie rassemble des photos publiques, accessibles à tous en cliquant sur le lien situé en haut de page de ce blog : La Grande Galerie (voir nouvel article sur la nouvelle galerie).

Pour les utilisateurs enregistrés, sont accessibles des photos de famille et des photos dont je n’ai pas les droits pour les publier sur internet.

Pour s’identifier, ou s’inscrire pour ceux qui le souhaitent, il suffit de passer la souris sur l’onglet ‘@’ et faire ainsi apparaître un sous-menu.

Bien entendu, toute demande d’inscription devra être validée par votre serviteur afin d’éviter tout abus.

Cette galerie permet de naviguer dans plusieurs catégories et albums. Une fois l’album choisi, son contenu apparaît sous forme de vignettes (éventuellement sur plusieurs pages, ce qui est indiqué en bas à droite). Lorsqu’on clique sur une vignette, la photo apparaît dans une taille intermédiaire, accompagné de sa légende et d’autres informations.

A ce stade, vous pouvez passer d’une photo à l’autre au sein de l’album, voire demander un diaporama. Pour les utilisateurs enregistrés, vous pouvez utiliser éventuellement l’une de ces photos pour envoyer une carte électronique en cliquant sur l’icône « enveloppe ».

Tout visiteur peut commenter, voire « noter » chaque photo.

N’hésitez pas et bonne visite !

Eloge de la simplicité

Nous parlons trop. Avez-vous remarqué comment se déroulent les conversations ? Après les techniques d’approche habituelles visant à établir le contact, arrive parfois un « blanc ».

Je ne suis pas Raymond Devos, aussi suis-je tout à fait incapable de tirer toutes les ficelles humoristiques issues des différentes acceptions du mot « blanc ». Néanmoins, ce « blanc », ce silence… qu’en faisons-nous ?

Parfois, peut-être le plus souvent, tout est fait pour éviter ce moment de silence où chacun est gêné à l’idée qu’il n’a rien d’intéressant à dire. « Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi » dit le proverbe zen. Combien de fois nous sentons-nous obligés de meubler ce silence ? Par des paroles vides… ce qui est un comble !

Alors que le silence, c’est l’antichambre de l’intimité. C’est l’ouverture à la présence de l’autre. A sa propre présence aussi. Sans attente. Et oui, cela demande beaucoup de confiance pour ainsi oser lâcher prise.

Et parfois, plutôt que d’affronter ce silence… nous préférons affronter l’autre ! Ce sont alors d’interminables discussions dans lesquelles personne n’écoute l’autre. Chacun ne pouvant entendre que son propre point de vue et cherchant en l’autre rien de moins qu’une approbation. Gare alors à celui qui n’est pas du même avis ! C’est lui qui n’est pas ouvert, qui se trompe forcément… puisqu’il n’est pas du même avis que moi ! Le pire, c’est que nos avis ne sont le plus souvent que des opinions nullement étayées par quelque expérience personnelle que ce soit. Ce sont de simples informations que nous avons engrangé sans aucune prise de recul, sans vérification… et ce sont ces maigres informations qui nous servent à tenir tête à un autre pas plus informé que nous d’ailleurs…

Mais alors, de quoi allons-nous parler si nous ne parlons pas de ce que nous ne connaissons pas ?

Relisez dix fois cette question et dîtes-moi honnêtement si elle appelle une réponse autre que la consternation.

Alors parlez-moi de vous.
De vos désirs.
De vos peurs.
De votre expérience.
De vos douleurs.
De vos plaisirs.
De vos enfants.
De vos maris.
De vos femmes.
De vos maîtresses.
De vos amants.
De vos voitures.
De vos maison.

Mais plutôt que vos avis sur tout.
Taisez-vous.
Passons plutôt un moment…
en silence.

Vous avez encore un argentique ?

Je suis de cette génération qui a commencé la photographie avec le vieil appareil de papa. Il ressemblait à celui-ci et j’avais même à l’époque une cellule à main. C’est ainsi que je me suis passionné pour la photo, dévorant alors les ouvrages de techniques de prise de vue.

J’ai attendu quand même d’avoir plus de 18 ans pour m’offrir mon premier reflex. Un Minolta X-700 équipé d’un zoom 70-210mm. Le rêve. Inutile de vous dire avec quel plaisir je pressais alors le déclencheur de cet appareil avec lequel je fis mes plus belles photos. Oui, il était lourd, notamment l’optique dotée de lentilles en verre (contrairement avec ce qui se fait aujourd’hui). Mais quel piqué. Quel plaisir de l’avoir dans ses mains !

Et puis j’ai eu des enfants. Et j’ai consacré de moins en moins de temps à la photographie (studio, paysages, etc.). L’objet essentiel de mes photos est devenu… les enfants. Et là, mon beau X-700 a pris un sacré coup de vieux. C’est que les charmantes personnes qui posaient pour moi avaient la délicatesse de rester immobiles pendant la prise de vue. Ainsi, je pouvais caler une mise au point de précision micrométrique, avec un contrôle de profondeur de champ non moins précis. Et je ne parle pas de l’emplacement des flashes, parapluies et du temps passé au contrôle de la lumière au flashmètre !

Mais là, avec ces petits bouts qui courent partout et surtout ne tiennent pas en place, se moquant éperdument du photographe… la situation de prise de vue a pointé soudainement le doigt sur ce qui devint une lacune de mon beau X-700 : il n’avait pas d’autofocus !

Bon. Nous étions alors en 2002. Pas question de céder aux sirènes du numérique. L’argentique n’avait pas dit son dernier mot et j’investissais alors dans un reflex Minolta Dynax 5 équipé du fameux autofocus (et de nombreuses autres caractéristiques qui n’intéressent qu’un public averti).

A cette époque, les appareils argentiques d’occasion avaient encore de la valeur. Et la FNAC m’a repris mon « vieux » X-700 équipé de son zoom pour un budget couvrant la moitié de ma nouvelle acquisition !

Au poids, j’y avais perdu. Ma nouvelle acquisition devait faire la moitié du poids de mon boitier précédent… miracle du plastique… j’y avais perdu aussi en piqué… un peu.

Mais je pouvais m’en donner à cœur joie avec mes enfants… sans avoir l’impression d’avoir renoncé à mes ambitions photographiques. Et c’était l’essentiel.

Mais depuis 2005, il devient évident que s’amorce le démantèlement de la filière argentique. Entre les fermetures de comptoirs photo, les augmentations de prix annoncées pour l’argentique, les licenciements massifs chez Kodak, les licenciements et restructurations de Fujifilm, l’arrêt de la production d’appareils photos argentiques chez Nikon, la disparition de Konika-Minolta absorbé par Sony, c’est toute une industrie qui est en train de disparaître.

Une industrie, mais aussi un pan de l’histoire de la photographie.

Oui, il s’agit bien d’une évolution technologique. Mais c’est une vraie révolution numérique qui va affecter notre relation à la matière bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer. Le carton de vieilles photos que nous pouvions sortir de dessus l’armoire et autour duquel nous pouvions échanger nos souvenirs avec nos enfants, réveiller la mémoire des anciens… tout cela ne signifiera bientôt plus rien pour nos enfants et petits-enfants.

L’image est devenue immatérielle… même l’appareil photo lui-même est en train de disparaître, en se miniaturisant ou en devenant une simple fonction d’un appareil plus élaboré (téléphone portable notamment). Et l’image n’est plus qu’un simple fichier JPEG, négligemment stocké sur la carte mémoire de l’appareil ou le disque dur de l’ordinateur. Les plus soigneux auront pris la peine de graver un CD-Rom… dont la durée de vie est beaucoup plus courte que ce qu’ils croient !

En fait, la durée de vie de la photo se raccourcit d’autant plus qu’elle devient un bien de consommation immédiate. La photo est diffusée par courrier électronique, ou placée sur un site web… mais pour combien de temps ? Comment sera conservée notre mémoire demain ? Aujourd’hui, je peux regarder un tirage photo d’il y a plus de 100 ans… mais serais-je capable de lire encore un fichier JPEG dans 100 ans ? Ou même serais-je capable de lire encore un CD-Rom ?

Que faire ? Résister ?

Ou aller avec ?

Je pense qu’il est inutile de résister. Aujourd’hui, on n’achète plus que des appareils numériques. C’est plus cher. La qualité d’image est moins bonne qu’en argentique. Mais vous avez l’image tout de suite. Et tant que l’image reste immatérielle (pas de tirage papier), son exploitation est gratuite.

De toutes façons, avec le démantèlement de la filière, il va devenir de plus en plus difficile d’avoir accès à des tirages de qualité abordables. Quand je compare les tirages réalisés il y a quelques années avec les derniers récupérés il y a quelques mois, aucuns doutes. Nos chères pellicules ne savent plus être exploitées correctement dans les comptoirs photo habituels. Elles sont numérisées avant de rentrer dans la chaine numérique de tirage papier. Et là, inutile de vous dire que la qualité de numérisation n’est pas toujours au rendez-vous. Moi qui conservais mon boitier argentique pour avoir une meilleure qualité de tirage !
Et avec l’arrivée des téléphones portables-photoscopes, il est évident que ce n’est pas la qualité de la prise de vue qui est recherchée mais son instantanéïté. En son temps, c’est ce qui fit l’éphémère succès de Polaroïd avec ses pellicules dont le développement était quasi immédiat. Mais la tenue dans le temps et le prix ont eu raison du produit… mais pas du concept !

Alors c’est décidé.

Demain j’achète un appareil photo compact numérique.

Découvrez la musique que vous ne connaissez pas

Désolé, mais je vais parler d’un service web en anglais. Mais je trouve le principe suffisament innovant pour en parler quand même. Ce que je déplore depuis des années, c’est la disparition des disquaires chez qui il était possible d’écouter des disques à la demande. Je ne parle pas de l’écoute de 30 secondes de plages musicales comme c’est possible à la FNAC. En 30 secondes, comment voulez-vous découvrir une œuvre ? Non, je parle de ces disquaires chez qui je pouvais aller (bon ok, il y a bien longtemps) écouter de longues plages, au casque, et parfois sur leurs conseils lorsqu’ils me connaissaient.

Bon. Ce temps est révolu. Ceux qui ont la chance d’avoir une médiathèque près de chez eux sont des privilégiés. Pour les autres, ils sont à la merci des radios, des FNAC, Virgin qui ne mettent en avant que ce qui les intéresse… et certainement pas ce qui m’intéresse, moi !

Restent les cercles d’amis, s’ils ont le même intérêt que vous pour la musique. Le web n’offrait il y a peu que des radios-web, certes nombreuses, mais à la programmation parfois répétitive.

Un nouveau concept a commencé à faire son apparition dans les galeries marchandes du web. Celui consistant, lorsque vous consultez un article, à proposer d’autres articles sur la base des habitudes d’achat des précédents clients. Ainsi le site Amazon, par exemple vous informe sur chaque disque « Les internautes ayant acheté ont également acheté » suivi d’une liste de disques.

La démarche est déjà intéressante car c’est un premier pas vers la découverte… malheureusement, l’écoute en ligne se soldera toujours par des plages de 30 secondes… totalement insuffisantes.

Le concept s’est formidablement enrichi sur le site Last.fm. Après s’être enregistré (ce qui est gratuit) sur le site, on télécharge un logiciel qui servira à écouter la musique diffusée par le site. Ensuite, soit par l’intermédiaire du site, soit par le logiciel installé, on va indiquer un artiste que l’on apprécie (chanteur, compositeur, etc…). A partir de ce choix, le site propose une sélection musicale « radio-web » liée au choix initial par les goûts des précédents utilisateurs du site. Ainsi vous entrez Bartok (pour le compositeur Béla Bartok), et vous vous retrouvez à écouter des morceaux d’Olivier Messian, Haendel, Debussy, etc…

Le lecteur Last.fm Pendant l’écoute, vous pouvez indiquer si le morceau vous plait (en cliquant sur le coeur). Dans le cas contraire (en cliquant sur le rond barré), le logiciel enchaine automatiquement sur un autre morceau… Ainsi, en précisant ce qui vous plait ou non, vous « enrichissez » la base de connaissances du système et induisez ainsi ses prochaines propositions aux auditeurs suivants.

Vous pouvez à tout moment changer d’artiste de référence. Aussitôt, le logiciel propose une nouvelle sélection de plages musicales « reliées » au nouvel artiste. Par exemple, entrez « Johnny Hallyday » et vous écouterez des artistes comme Noir Désir, Téléphone, Meirelles, Brel, Voulzy, Pagny, Sardou, Image… (les français sont donc représentés aussi !). Au fur et à mesure de votre utilisation du logiciel, le site pourra même vous recommander de nouvelles écoutes, mais aussi d’autres personnes utilisatrices du site.

Alors bien entendu, pas question d’écouter un album dans son intégralité. Mais l’écoute des plages proposées (généralement intégralement) suffit à vraiment découvrir de nouvelles sonorités.

A essayer sans modération !

Dieu et surdité

Lu dans un article du journal Le Monde :

Contrairement à la presse, je ne vais pas m’intéresser ici à la remarque du pape Benoît XVI concernant le « groupe de criminels » mais à deux autres aspects de cette intervention qui m’ont autrement interloqué.

Un pape allemand ?

Benoît XVI confie : (sic) « Revenir à Auschwitz comme pape allemand était une double épreuve »

Qu’est-ce que le pape Benoît XVI sinon le chef spirituel des catholiques romains, évêque de Rome ? En tant qu’évêque de Rome, il est considéré comme le successeur de Saint Pierre et donc le Vicaire de Jésus-Christ. Comment un rôle aussi universel peut-il être incarné par quelqu’un qui se vit comme allemand ? Ce qui seraît légitime pour tout un chacun, me semble inécoutable pour une fonction aussi éminente. Benoît XVI n’est pas Joseph Alois Ratzinger. Or, à travers les propos qu’il tient, j’ai l’impression d’entendre M. Ratzinger et non le pape. Ceci me semble peu propice à une élévation de la communauté chrétienne.

Un pape sourd ?

Benoît XVI commence par ces mots : « Seigneur, pourquoi es-tu resté silencieux ? Pourquoi as-tu pu tolérer tout cela ? »

Pour moi, cette déclaration est grave car elle contredit l’essence même du Christianisme : la capitulation de nos désirs personnels devant Dieu. Le Notre Père dit : « Que Ta volonté soit faite […] Amen », « amen » étant le grand « Oui » du renoncement à autre chose que ce qui Est. Or Dieu Est ce qui Est à chaque seconde (sinon il n’est pas Dieu). Sa volonté est donc toujours faite. Mais il ne faut pas entendre « Sa » volonté au sens habituellement personnel du terme. Sinon on réduit Dieu à un super-individu tout puissant avec lequel on noue une relation infantile et que l’on interpelle comme on se révolte contre son papa quand on est petit.

C’est pourtant ce que j’entends dans cette phrase prononcée par Benoît XVI. Comment cette phrase va-t-elle être entendue par la communauté de l’église catholique romaine ? Dieu est-il un Super-Papa ou est-ce le grand mystère ? Quand je m’adresse à Dieu, à Qui m’adressai-je ?

Et si Dieu n’était pas resté silencieux… et si nous étions tous devenus sourds ?

Plaidoyer pour le piratage

A l’heure des grands débats sur la licence globale, débats dans lesquels je ne rentrerai pas ici, force est de reconnaître que le commerce actuel de la musique laisse un vide.

En 1980, Philips et Sony nous ont expliqué (convaincu ?) l’intérêt de l’abandon de nos vieux vinyles pour passer au CD tellement meilleur sur les plans musicaux et pratiques. Pour l’aspect pratique, soit. Quoique transporter plus de 10 CD dans les mains devient vite périlleux, les boîtiers ayant la fâcheuse tendance à glisser les uns sur les autres. De même, au lieu d’avoir un grand livret inséré dans les 33t de l’époque nous sommes nous habitués aux petits livrets insérés dans les CD. Soit.

Musicalement parlant, je sais que les audiophiles peuvent tirer une restitution extraordinaire de ces galettes noires du siècle dernier. Mais le passage au CD a permis une meilleure conservation des qualités de restitution en la rendant plus facile. Pour conserver les mêmes qualités à un vinyle, il fallait le traiter avec des produits antistatiques, et autres masques de beauté destinés à extraire la poussière enfouie au creux des sillons.

D’accord, globalement, le passage au CD était une bonne idée… au moins un format unique faisait pour la première fois l’unanimité dans l’audiovisuel (après les déboires des débuts de la vidéo et ses multiples formats incompatibles).

Mais l’avènement du CD a laissé sur le carreau une quantité gigantesque d’œuvres musicales car il n’a pas été jugé rentable de les porter sur CD. D’accord, tout le monde n’aime pas Parages de Jacques Lejeune (INA/GRM) ou Le Funambule de Jean-Pierre Castelain.

Mais MOI… OUI !

Alors je me surprends à chercher (sans succès :-() sur eMule pour essayer de trouver de telles œuvres en espérant qu’un jour quelqu’un prenne la peine de transposer ces vinyles en format numérique. Et j’enrage en voyant que les grandes plateformes de musique en ligne « légale » se contentent de proposer ce qu’on trouve déjà si facilement sur CD, au lieu de s’ouvrir à ces fonds musicaux extraordinaires dont le faible succès commercial n’a pas permis le transfert sur CD (pas rentable), mais qu’il serait si facile de vendre en ligne à faible coût.

Si au moins les éditeurs renonçaient à leurs droits sur ces œuvres qui ne sont plus distribuées, de sorte que leur transfert au format numérique et la diffusion par internet soit libre…

Alors, suis-je réduit à espérer qu’un ami pirate, détenteur d’albums numérisés de Jacques Lejeune ou Jean-Pierre Castelain… soit charitable ?

L’ode aux rats

Eh c’est pas une oeuvre mec
C’est l’ode aux rats
Une ode pour les enfants
Pour les paumés qui dorment sur la caillasse
Qui ont la morve au nez
Et l’deuil qui est accroché là-haut sur leurs paupières comme une arrogance
C’est pas une oeuvre mec
C’est l’cri de ma déchirure
C’est l’cri de mon impuissance
Eh mec qu’est-ce que j’peux faire
Laisse-moi pas tout seul dans mon gourbi
A brailler comme un âne
J’pédale dans la s’moule Raoul
A l’aide
La vie s’arrache les yeux pour ne plus voir la mort
Et je suis complètement consterné par la connerie humaine

Ratopolis est souterraine
C’est la cité de la déveine
Pour essayer de voir le jour
Il nous faudrait un peu d’amour
Mais y a des pièges dans tous les coins
Les hommes sont devenus des chiens
Et si tu touches à leur assiette
Ils te flinguent à la mitraillette
Cobayes à charge des Etats
On nous refile tous les virus
On nous encage et l’on nous teste
On nous injecte on nous dissèque
On nous secoue comme des pruniers
Pour voir jusqu’où l’on peut tenir
Mais quand on crève
Il n’y a personne
Pour nous chanter un te deum
Nous qui ne sommes d’aucun pouvoir
Nous ne ferons jamais l’histoire
Nous avons d’autres images
A proposer que le carnage

Roi du chaos que rien n’émeut
Les voix des humbles s’harmonisent
C’est tellement beau vertigineux
Quand la tendresse n’est plus soumise
Ne t’abîme plus idéalise
Tu la verras la terre promise

Ce n’est plus que partie remise
Vieux rat pourri tu prophétises

Mais je n’entends plus rien
Je ne sais plus d’où je viens
Je erre
Je suis perdu
Je suis perdu
Non non non ne me parlez plus

Je erre

Je erre…

Emmanuel BOOZ
L’Ode aux rats
(Dans quel état j’erre – 1979)